Let the music play

Puisque le printemps tarde à venir, je m’en vais vous conter une histoire pour occuper le soir à la veillée dans la neige.

(Parce que dans ce pays tout puissant, quand il neige, on reste chez soi. Comme dans les temps anciens. Pas de chasse-neige même dans la capitale. Il reste deux options: écouter les rires gras à la télé ou son fils jouer du violon à chaque fois qu’il s’ennuie. Et mince: ça revient souvent.)

Comment mon fils a appris à jouer au violon.

Dans le collège (public) où il va, il est proposé une option musique très originale: orchestre une heure tous les jours. C’est ouvert à tout le monde contrairement aux clubs de sport pour lesquels il faudrait trois mois de cours particulier avant d’espérer être sélectionné et encore en ayant consenti à boire deux avant un litron de Gatorade orange fluo. Oui tout le monde est invité à venir pousser la chansonnette. Même au niveau zéro de la connaissance musicale.

On arrive on s’asseoit et on se met à faire trois sons ensemble. Tous ensemble violon alto violoncelle et contrebasse: un LA. Puis un DO. Et ainsi de suite. La mélodie du bonheur live et version orchestre philharmonique plus que débutant.  20 gamins en mode crincrin à l’unisson. Pour la plus grande joie de Mozart et surtout des oreilles. C’est tellement sérieux qu’au bout de deux mois, le professeur se sent capable de donner un concert de Halloween avec un air aussi inspiré que Barenboïm au concert du Nouvel An à Vienne.

Sauf que je précise pour les mélomanes avertis: le son n’est pas tout à fait le même.

Après chaque production ou ce qui y ressemble, le supoosé chef d’orchestre se promène dans les rangs, écoute avec un air absorbé et corrige chacun. Le soir chacun fait ses devoirs de violon pour préparer le prochain contrôle sur 20. Jour après jour entre les maths et l’histoire, on travaille son violon.

Le point d’orgue (et on constatera mon niveau élevé d’humour dans ce jeu de mots):  afin de privilégier le goût de la musique et surtout respecter le sacro-saint concept du FUN et je renvoie pour cela à mon étude sur le sujet, on apprend aussi à déchiffrer à l’oreille. 

Sept notes et le monde de la musique s’offre à soi en trois mois.

Mon cher numéro trois se promène ainsi dans la maison violon à la main tel un crooner  de la musique classique au look preppy, déchiffrant le moindre son entendu: générique de dessin animé, dernier tube à la mode, comptine de maternelle, le morceau de piano du frangin.

Grâce à la pédagogie nouvelle de notre fantaisiste chef d’orchestre, mon fils est accro de violon, a réussi une audition pour un deuxième orchestre de débutants et j’ai même reconnu au concert de Noël les premières strophes de l’hymne à la joie. 

Let the fun go on…

  

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