write again!

Il m’a été donné dans la hotte des cadeaux de Noel, DES HOMMES DE CARACTERE. Un livre qui parle de la danse des mots.

Un livre d’art, un livre, beau mais attention pas un livre sérieux.

(Ce n’est donc pas un livre, dans lequel on plonge avec un air savant et dont on ressort, gavé d’intellectualisme, l’esprit saturé de vocabulaire pontifiant et qu’on laisse traîner sur la table basse pour faire croire aux autres qu’on sait plein de trucs, les doigts dans le nez.)

Un livre d’art qui est gai et qui raconte des histoires. Les différentes impressions. Les impressions qui mêlent les lettres et le cœur, l’art de choisir la forme d’une lettre, celle qui va gonfler l’homme de célébrité.

Jim Parkinson conçut aussi bien des en-têtes de journaux que l’écriture ronde et en relief des Rolling Stone.

La lettre comme un logo, mais plus qu’un logo, une signature. Cette lettre qu’on voit dans nos documents word, celle qui nous laisse devant la page blanche encore plus suspicieux de ce qu’on va écrire. Celle qui nous fait accuser Ariel ou Helvetica de freiner notre inspiration. Le contenant sur le contenu.

J’ai appris que Balzac était un imprimeur qui fit faillite et qu’il écrivit L’art de ne jamais déjeuner chez soi et de dîner toujours chez les autres. Pour le meilleur de l’humanité et le malheur des élèves de lycée, il fit faillite et se mit à écrire.

Car le statut du caractère d’impression est justement d’être suffisamment élégant pour servir la plume, mais suffisamment discret devant les mots, il remplit le mot d’une impression supplémentaire, comme le vernis sur les doigts de pied signifie pleinement les vacances.

L’homme de caractère devient alors celui qui sert la puissance des mots et les contours qu’il va créer vont enrober, envelopper, emmener les mots hors de nos pensées, au-delà de nos vies.

Eric Gill créa ainsi les lettres des Penguin Books, repris par l’Eglise anglicane après sa mort et en dépit de sa vie sulfureuse. C’est l’homme de mes lettres préférées: KEEP CALM AND CARRY ON.

Et il en va ainsi de nos vies, on se lève et on prend son thé parce que la vie continue. Et moi j’écris pour apaiser le tumulte de cette vie américaine: aventure après aventure, la tournure de tel ou tel caractère couche les sensations nouvelles éprouvées dans un pays nouveau, me lie avec des amis insoupçonnés. Dans le tumulte bondissant des émotions, le mot est un nid douillet qui me repose.

J’avais oublié depuis un mois il est bon d’écrire, ce joli livre m’en a redonné le goût.

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