The BiG Blue #3

Comme un triptyque, voici le dernier volet de ces vacances au soleil.

Quand j’étais jeune, j’étais parisienne. Oui j’ai l’âge de le dire.

J’avais appris à l’école la fable du rat des villes et du rat des champs mais la conclusion de La Fontaine me contrariait beaucoup. Moi parisienne de dix ans, j’aimais vivre à Paris, les grands immeubles, les voitures polluées, la baguette au coin de la rue, en tout cas j’aime ce souvenir de Paris.

J’ai toujours aimé la ville, et surtout son bruit.

Mais ici je n’ai pas aimé la ville; J’ai aimé le petit, le calme, la ballade mais pas la grande ville. Une sensation très étrange.

Miami!

Le soleil, la plage, les filles comme dans Gainsbourg.

Miami a commencé avec élégance, comme dans un film des années trente, un peu crâneuse, un peu tendre, affalée sur la plage, entre ses hôtels art déco de toutes les couleurs. Propre et nonchalante. La promenade est chaude et douce et la plage de sable fin se déroule comme un tapis de célébrités qui n’en finit pas.
Mais les hôtels art déco se remplissent de la poussière des fastes abandonnés. Des fantômes d’Henry Salvador déambulent péniblement, perdus au milieu des chantiers hurlant une envie de neuf. Comme une coulée de lave furieuse, le DJ lance pleins tubes et à ciel ouvert sa musique insolente. Etre moderne à Miami est un métier à temps plein, un succès de chaque instant, une carrière à risque.

Miami s’encrasse, s’entasse et s’empiffre. Et la plage qui pourrait en border le charme, semble plutôt lui voler toute l’énergie futile, comme si chaque effort de briller s’envolait dans un roulement de vague.

Et nous. A moitié en tongs, encore du sable sur les mollets, rats des champs de sable perdus au milieu des rats de ville encore plus agités que dans la fable.

Le lendemain fut plus paisible. Ballades dans les Everglades. Des marais salants, des alligators paisibles aussi nombreux que les Chinois, des arbres tout tordus de soleil humide, des oiseaux rares et fiers, tout au plaisir de se laisser prendre en photo. Et nos enfants sauvages, comme des chevaux échappés, les vêtements mous de chaleur, les le cheveu emmêlé d’excitation.

Moi la parisienne, j’aime mieux la ballade paisible des crocodiles immobiles que les fêtes de Miami. Une sensation très étrange.

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2 réponses à “The BiG Blue #3

  1. C’est sur que les pool party a 5pm au Shore Club, passe 22 ans, c’est difficile de rentrer dans l’ambiance (a 21 ans c etait deja pas evident…)

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