The Big Blue #2

Au bout d’une route toute droite longue et lente parce qu’on ne peut pas doubler, on ne peut pas doubler parce que la route dessine un fil tenu entre les îles. Les keys. Belles de leur turquoise mais si fines que parfois l’île fait la taille de la deux-voies et on peut contempler la mer à gauche comme à droite.

Le point le plus au Sud des États-Unis. Tellement au Sud que des hordes de petits chinois en tenues supposées à la mode font la queue pour se faire prendre en photo devant une borne qui indique qu’on est à 145 kilomètres de Cuba. Exciting? On comprend surtout comment Kennedy a pu se sentir si proche de son ami Castro.

Tant il est vrai que le point le plus au Sud des États-Unis a un pied dans les Caraïbes tout en gardant sa dignité d’Américain propret. Des cabanes de pêcheurs de toutes les couleurs croisent les rues blanches de villas impeccables, cela sent le steak saignant aussi bien que le poisson frit, une pâtisserie au jaune lumineux propose avec dignité et bourgeoisie la Key lime Pie, genre de tarte au citron meringuée mais au citron vert et avec plus de garniture que la recette foireuse de ELLE. En face on s’avine au son de la guitare d’une crooneuse en short jean délavé de mer et de route, sous un auvent de dollars que des touristes ont dédicacé et collé au plafond.

Bienvenue à Key West.

Des gens chics et des poules. J’entends par poules, des vrais animaux de basse-cour, pas des minettes sur talons. À Key West il n’y a pas de talons parce que quand on met des chaussures on est déjà trop habillé. Il y a donc des vraies poules à plume partout: dans une ruelle, au pied d’un marchand de noix de cocos sur le trottoir, sur le tout d’un bus scolaire, le coq fier de son bon plan.

Sur la jetée aussi le tout se mélange: au creux des boutiques chics et des bateaux majestueux, entre les cracheurs de feu, les vendeurs de pièges à homard devenus cadres à photos, les glaces des bons enfants à côté des cocktails pour soulographes ambulants, le soleil vient se reposer en une couche de lumière bienheureuse.

Comme une offrande de poésie et d’inspiration au pied de la maison d’Hemingway. Une maison jaune aux murs blancs immaculés. Des photos de ses aventures et de ses romans, un bureau presqu’austère mais aux objets charmants. C’est toute l’écriture de mon écrivain préféré sobre et un brin sarcastique qui habille cette maison. Un lieu paisible pour une âme agitée, au creux de la chaleur moite, le frais du repos du monde, les couleurs intenses du monde tropical enrobent et donnent toute élégance aux pièces dépouillées de futilité.

Quand on a vu autant de belles choses, le coeur tressaille de mille bulles. Tant de belles choses dans un si bel endroit, ici et encore et comme dans le roman le soleil se lève aussi.

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Une réponse à “The Big Blue #2

  1. et nous voilà tous réunis pour vous souhaiter une très belle année 2015 affectueusement philippe et blandine

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