NY road #10

New York New York!

On l’aperçoit de loin cette géante qui s’étale comme une tentacule. On voit se dresser le cœur de Manhattan avec ses immenses grattes-ciels si fiers et si disproportionnés par rapport au reste de la ville, qu’ils semblent toiser en silence la monotonie des petites maisons bourgeoises.

Le premier jour est parti à l’attaque de ces fameux buildings. Liberty Tower, Wall street et Brooklyn Bridge.

Prendre le métro. Un défi. Il semble que le concepteur ait joué aux chiffres et aux lettres au hasard des quatre coins de la ville. Les directions sont toujours à la louche, jamais la destination finale ou mieux encore c’est selon les points cardinaux. C’est un peu comme si on prenait le métro à Paris en disant je sens que la Tour Eiffel m’appelle au Sud de la ville. Sans savoir où l’on est.

Enfant, j’allais au bureau de mon Papa en longeant ces grands grands grands immeubles, jusqu’aux Twin Towers. Son bureau était dans l’immeuble à antenne. Au cinquante-sixième étage déjà, les voitures ressemblent à des miniatures. Aussi une petite part de moi est est restée sous les cendres de ce lieu, je me suis dit qu’on devait être à ce point désespéré pour sauter du cinquante-sixième étage.

Je rassure tout le monde: le job du paternel n’a duré qu’une grosse année. Il est donc encore vivant. Chose que j’ai eu beaucoup de mal à expliquer à mon fils de six ans qui s’imaginait dans l’instantané de son âge que son grand-père qu’il avait vu il y a deux mois était mort depuis et qu’on avait creusé des grandes fontaines à la place pour s’en souvenir.

Ces deux vasques sont impressionnantes et belles, le jardin est paisible aussi. Mais 13 ans plus tard, les souvenirs sont intenses comme si c’était hier. Un costume de pompier défiguré témoigne de la sensation étrange d’arriver après le feu mais d’être quand même brulé.

Nos pas ont continué, propulsés par un brownie gras et magnifique, vers Wall Street. Au détour d’une petite rue bordée de grands immeubles des années 30, aux volutes charmants, à peine folichons pour l’époque, mais gracieux, un genre de petit temple à colonnades avec 4 drapeaux américains. Voilà le truc qui fait trembler le monde plus qu’une bombe atomique. Je crois que ma décision de ne pas faire de finance a été prise enfant, quand avec ma classe je l’avais visité. Une fosse aux lions, sans lumière, où les gens se hurlent dessus, emmêlés les uns aux autres comme une mauvaise pelote de laine. Le sol était à jamais changé par les immondices de cette bauge, les papiers gras des hamburgers et les brouillons de l’argent. Et ça gouverne les sentiments du monde. Terrifiant.

Enfin le Brooklyn bridge. Le pont n’a l’air de rien au début. On monte lentement sur une passerelle. Mais c’est une montée en puissance: bientôt on passe au dessus des voitures et des coups de Klaxons, un peu plus loin on est au dessus de l’eau, mer ou fleuve je ne sais plus. L’armature métallique ressemblerait à une cathédrale gothique dont on serait les piliers. J’ai calé au milieu. Les garçons toujours à la conquête du Nouveau Monde ont admiré la vue et au loin la statue de la Liberté.

Moi mes pieds fatigués.

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