on fire

Tous les dimanches soirs nous regardons une série nulle et facile. Le rituel de ceux qui se préparent une grosse semaine et qui veulent se sentir bien mous comme si on accrochait un nuage de vacances à la déprime de reprendre la routine.

De temps en temps depuis qu’on est en Amérique, on jette un regard mi-clos et bouffi de torpeur sur les informations locales. Genre France 3 Auvergne. Il ne se passe rien mais au moins vous savez où danser la bourrée. Puisque tout le monde meurt d’envie de l’apprendre.

Et bien ici dans le pays du bisonours merveilleux, il s’opère vers 23 heures une plongée dans le subconscient américain. Pourquoi parler de fraîche campagne quand on peut parler fusillade dans un centre commercial? Plus question de danse ici mais des voitures de police, des vrais pistolets, des méchants et des gentils, des girophares bleus, l’état de siège au bout de votre route favorite, en bref le rêve américain somnole le soir l’arme au poing.

Ce billet n’est pas une blague: toutes les semaines dans un rayon de 50 kilomètres, un homme a tiré ou menacé de son fusil ou autre joujou.

L’an dernier c’était sur l’autoroute, un gars tirait sur ceux qui le dépassaient, c’était aussi Sandy Hook petite école où les enfants se sont sacrifiés au deuxième amendement. Mais aussi un coup de fil du collège de mes aînés l’année dernière, informant les parents que les bâtiments avaient fermés deux heures car un dingue menaçait avec son fusil dans le magasin à coté. Une copine qui va chercher son fils à trois heures et qui aperçoit un déploiement de gyrophares parce que dans le fond du terrain de foot, un forcéné menace la résidence. Et plus il y a des histoires comme ça plus les proGUNS veulent armer les petits et les grands. L’Amérique?

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Le lundi on regarde les gentilles barbies au stop: elles ont sûrement un petit pistolet pas vraiment mattel dans leur joli sac à main. Comme dans cette scène de The Blind Side: Sandra Bullock joue une WASP des quartiers riches qui veut adopter un grand dadais de banlieue. Expédition en pickup de luxe pour voir la mère biologique, clope au bec, air dépressif (on note au passage le côté super protestant de la scène). Une bande de loulous la drague. OF COURSE. En France la minette aurait dégainé son meilleur judo genre le seizième se lâche. Version américaine la bourgeoise répond du haut de sa robe décolletée et ses stilettos: tu m’emmerdes j’ai de quoi faire ton compte dans mon sac et là elle tapotte menton en avant le petit sac genre Vuitton de poche pour banlieue décalée).

Le film est au passage une merveilleuse histoire vraie que je recommande. Et je me demande. Est-ce que l’histoire happy de l’Amérique doit s’écrire à la fumée de leurs armes de poche?

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6 réponses à “on fire

    • Désolée de pourrir les comm’, en Suisse ce sont des armes prêtées par la nation, non des armes propres… et le sens des responsabilités est inculqué dès le plus jeune âge : ce sont des armes militaires auquelles ils ne leur viendraient pas à l’esprit de toucher quand ils sont en civil.

  1. Euh, il y a quand même régulièrement un mec qui pète un plomb en Suisse et qui se liquide de préférence avec femme et enfants… la Suisse n’est pas non plus le pays des Bisounours!

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