school plus one

Et voilà une année d’école américaine dans le compteur et ça fait un sacré compte.

Of course la rentrée était un gâteau  à la crème géant en comparaison de l’an dernier. On a savouré: les enfants qui répondent en anglais à la nouvelle maitresse, la liste de fournitures dont on maîtrise presque tous les mots (le mot prongs me fait toujours rire, je pense aux tongs et on me répond œillets mais sinon ce n’est pas grave), les devoirs pliés en 10 minutes et en retour plein de bons points.

Tranquille.

Vient le temps du recul.

Le club des deux collégiens a toujours aussi peu de travail, rigole bien et raconte toujours des histoires incroyables de profs imaginant des raps de folie… Pour une notion d’algèbre. Mouais. En revanche, à défaut de développer l’écrit, l’oral est vraiment valorisé et en cours d’anglais plutôt que de se raser devant un texte poussiéreux (nécessaire mais pas que) on développe la réflexion. Dans la foulée, le débat continue à la maison. Les thèmes varient: comment la téléréalité est de la chique (clair), comment on mange n’importe quoi aux US (ah bon? vraiment?), comment on peut autoriser les portables à l’école, etc. Le gros point positif de l’école made in US: on apprend à donner son point de vue de façon posée et respectueuse des autres: c’est comme ça qu’on peut dire avec un sourire angélique, que la libre circulation des armes préserve des vies, n’est-ce pas?

L’équipe école élémentaire s’est étoffée cette année de notre avant-dernier, car la grande section est rattachée au primaire. Les trois plus grands de la bande surnagent, tant le niveau est, comment dire? Accessible. Good point cette année, on peut enfin faire tous les exposés demandés: les Américains ont une passion immodérée pour les grands hommes: Hernando de Soto, Jacques Cartier, Jackie Kennedy, Helen Keller, Thomas Edison, Neil Armstrong. Ce dernier ayant un enthousiasme inépuisé chez mes deux garçons de 8 et 10 ans, j’ai dû sous peine de préavis de grève, me fendre de deux costumes de cosmonautes (Amazon), dans lesquels ils se baladent ave des airs aériens dans le jardin.

Petit bémol pour notre kindergartener (nom barbare et imprononçable en anglais sans contrôler un fou rire pour désigner un enfant en grande section): les méthodes d’apprentissage ressemblent plus à un mélange de devinettes et de répétitions. Il leur faut apprendre des mots par cœur avant de savoir lire, compter jusqu’à 30 sans savoir dénombrer jusqu’à 20, écrire les chiffres en lettres, sans savoir les déchiffrer dans tous les sens du terme, etc. L’impression chaque soir d’être devant un château de sable à consolider. Et en plus crime suprême: IL Y A DEJA DES DEVOIRS. Au final, je refais en 30 minutes ce qui aurait dû être travaillé en classe. A suivre donc. Il est possible que notre expérience de scolarisation américaine atteigne ici ses limites.

Et petite dernière chérie? Montessori comble toutes ses attentes et les nôtres et il n’est pas un jour sans qu’elle ne réclame l’école. On découvre au bout de sept, ce qu’est en profondeur la joie d’apprendre. Tout fait sens, la façon de toucher, de s’ordonner, d’expliquer et je me plonge avec délice dans cette pédagogie (par manque d’activité intellectuelle probablement aussi). Ne me branchez pas sur le sujet, j’ai fatigué: mon mari, mes enfants, mes copines et même les maris des copines. Il me reste le curé, histoire d’éprouver sa vertu. To be continued.

Et le French?

Les deux collégiens gèrent leur CNED, suivant au choix le coup de pied ou les doigts dans le nez, selon tempéraments et humeurs. So far so good. J’ai aussi et je le reconnais la chance d’avoir des enfants scolaires (ou du moins je le suppose ainsi).

Les 3 qui suivent ont cette année une merveilleuse, extraordinaire, fabuleuse, créative, patiente, ingénieuse maitressse (c’est ma chère copine, je lui lèche le Q aussi), une fois par semaine, je n’ai plus l’angoisse dès lors de savoir si j’étais au poil question français -angoisse que je savais transmettre avec délice et cynisme à coups de BLED.

Et je profite de ces ficheux devoirs en grande section pour assurer les arrières de mon numéro six, n’ayant plus que ce bonhomme à tourmenter, on se remet à niveau sur les basiques.

Bref et c’est probablement la clef de voûte de notre aventure école américaine, tout est fait en vue du retour. Ce qui peut manquer de cohérence pour certains, et qui nous empêche sans doute de plonger sans arrière pensée dans notre belle aventure école made in US, mais il nous a semblé que c’était le compromis le plus satisfaisant entre partager la vie des gens d’ici, apprendre parfaitement l’anglais mais ne pas s’empêcher de revenir…

Copie de summer2_2013 005

 

 

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11 réponses à “school plus one

  1. Ca m’épate toujours, le niveau d’enseignement des écoles… et pourtant, rendus à l’université, ils performent aussi bien, sinon mieux que nos frenchies… cela demeure un choix cornélien, ici encore d’actualité pour le 3e!

  2. completement d’accord avec toi, aucun regret d’avoir scolarisé nos 7 en école américaine + cours par correspondance pour les matières francaises. Juste fastidieux ms on en garde ensuite que de bons souvenirs…Good luck!

  3. Trop mignonne ta pitchounette!
    Quant à la scolarisation de tes gamins, chapeau! Les miens n’ont pas encore commencé ici… Le niveau semble bien bas, même dans le système privé. Je me console en me disant qu’enseigner c’est mon truc et je pourrais toujours compléter leur scolarisation à la maison avec la musique, le français et l’anglais (CNED ou pas, c’est à suivre).

  4. Bon, ça me donne une vue d’ensemble du système éducatif! J’attends de découvrir la version canadienne avec Mark mais j’ai largement le temps vu l’âge à laquelle commence la maternelle… 😦

    Jamais entendu le mot « kindergartener » ici. On dit plutôt « pre-schooler » je crois.

  5. et moi qui me plains avec mon unique primaire!! je compte commencer les cours de français en janvier ou février… j’appréhende (je pense commander de la patience pour noël!!!) u vois… lire ton poste m’a encouragé MERCI

  6. Chaque pays a son système scolaire, et chaque pays est convaincu qu’il fait mieux que les autres. Pour en avoir testé trois, je ne suis pas certaine qu’il y en a un meilleur. Dans tous les cas, ce sont les meilleurs élèves qui font des études, quel que soit l’acquis antérieur. Et justement, cet acquis dépend largement de l’investissement des parents !
    Bon courage ! Et si tu veux des livres scolaires vraiment bien, sans passer par les cours par correspondance, va voir à « la librairie des écoles » : http://www.lalibrairiedesecoles.com/

  7. Nous aussi on a l’impression qu’ils n’en fichent pas une (les 2 qui sont en High school et celle qui est en Middle). C’est pas faute de répéter qu’ils doivent bosser ! Je pense que le retour à la dure réalité en France va être une sacrée claque pour ces 3 là … mais nous n’en sommes pas-là, mangeons notre pain blanc ! Célamérix !…

  8. Très franchement plus je côtoie des enfants (les miens et ceux des autres), plus je suis épatée par leur capacité d’adaptation.
    Mais nous sommes bien d’accord que, quelque soit le système, le rôle des parents (et l’engagement) reste primordial.
    Ici garderie (en français) depuis septembre pour notre bonhomme, j’écoute, j’observe : des libanismes dans la langue mais l’accent est bon donc on évite les remarques, déjà qu’il a « l’air français ». (Je n’ai pas réussi à savoir si la remarque était positive ou négative !)
    J’avoue que je panique un peu pour l’apprentissage de l’arabe ET du français dans deux ans avec l’entrée en maternelle. Mais lui semble à l’aise dans les deux langues lorsque son père ou moi parlons avec lui.

  9. C’est très chouette de voir comment vous avez tous évolué dans cette folle aventure! F. a toujours des yeux Angélique!

    Bonne journée Diane!

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