Happy French Kids?

Une ex journaliste du Wall Street Journal vient de sortir un bouquin vantant les fameux mérites de notre éducation à la française. C’est l’histoire merveilleuse d’une Américaine qui découvre que les enfants peuvent vous laisser tranquilles, ou le monde enchanté de ceux qui supportent leurs enfants après dix-huit ans.

On y apprend des choses fabuleuses:
qu’on peut dire non, que les enfants ne sont pas obligés de courir dans un restaurant, que les enfants peuvent dormir la nuit sans avoir la berceuse de Bénébar en boucle jusqu’à leur entrée en maternelle (date à partir de laquelle ils sont tellement abreuvés d’âneries, que de toute façon ils finissent par dormir).

Je n’ai pas lu le livre mais il m’a mis l’eau à la bouche. Tant à découvrir…

Il est évident que nous sommes parfaits. Nous remettons l’enfant à sa juste place, il dort la nuit et il mange sainement, il nait poli ou s’habitue aux règles de vie sociale au pas de course.

Jamais je ne remettrai en question tout ce barda: il est gardien de ma paix. Et il faut le rappeler: c’est bon pour mes enfants bien sûr.

Aux US c’est le pays des libertés (hum)!
L’enfant s’exprime et il faut du FUN. C’est un concept à part entière. Un droit de l’enfant, inscrit en bas du mur à droite à l’ONU.
Le fun. Souvent pas vraiment mon goût.
Fun des fringues: même Benetton n’a pas imaginé autant de couleurs sur une même personne. c’est à se demander si mes enfants n’ont pas l’air de croque-morts. (ou de parisiens?). Fun de becs: il y en a absolument tout le temps. Même chez le pédiatre. (Mon aîné de 12 ans a provoqué l’éblouissement du frontdesk en refusant une sucette parce qu’il n’avait plus faim). Fun dans le travail: les enfants rendent de véritables torchons à l’école et tout le monde s’en fiche, l’essentiel ici est que le travail soit fait. Efficient?

Les enfants sont des vérités absolues pour leurs parents: il faut aimer sans relâche, de jour et surtout comme de nuit. Donc à dix-huit ans c’est avec un certain soulagement qu’on voit sa progéniture partir et du jour au lendemain, un seul mot: débrouille-toi. Le fun laisse place au work.

Ils sont d’un niveau de dévouement que je n’aurai jamais: c’est CLAIR. J’aime les règles, les enfants polis, les jolies tenues, le monde des parents imposé aux enfants.

Mais je reconnais aux parents américains un détail, tout petit, oh vraiment peu extraordinaire: cette tendresse excessive, le full time nounours sécurise l’enfant. L’éducation américaine a au moins un mérite, la sécurité affective. Pourtant c’est elle qui permet d’entreprendre, de choisir, de se sentir fort, d’être créatif. Et ça, nos magazines, nos successful working journalistes n’en parlent pas beaucoup. La presse française préfère se gargariser d’anti-américanisme primaire, tels des coqs pavanant en tricolore dans leur basse-cour médiatique.

En France, on balance l’enfant dans nos règles, dans des crèches, on le laisse se débrouiller avec ses peurs. Et on part bosser.

Ici le taux de femmes qui travaille est le même qu’en France: elles travaillent APRES avoir eu des enfants, ou bien elles les confient à leurs parents. Certes il n’y a pas de crèche, mais de la tendresse ici, il y en a à revendre. Et les entreprises ont l’ouverture d’esprit de le comprendre, ici on n’est pas obligée de sacrificier ses enfants à la carrière ou à ses principes. On vit et on partage TOUT avec eux.

(un peu trop parfois)

usa_novembre_2012 006vantant

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14 réponses à “Happy French Kids?

  1. J’ai souvent eu ce debat avec mes copines anglo saxones…j’avoue qu.a leur contact j’ai mis beaucoup d’eau dans min vin au sujet de l’éducation de mes enfants…pas assez d’après mes ados qui nous trouvent encore plus sévères que la moyenne des parents de leurs copains mais vivant dans un milieu d’expats et loin de la métropole les références ne sont pas les mêmes…Mais quand on pose la question aujourd’hui aux plus grands qui ont quitte le nid…ils nous trouve plutôt justes, nous remercient de cette éducation qui leur permet d’être a l’aise n’importe ou…
    Il y a surement un juste milieu…il suffit juste de l’adapter au mieux ce qui n’est pas si simple …

  2. Mais bon les miens manquent de confiance en eux et sont un poil stesses … Pas sure d’avoir trouvee le juste milieu en fait!

    • Je ne pense pas que la recette éducative made in US ou ailleurs marche à tous les coups, rassure-toi! Mais donner confiance en soi est une priorité ici et passe par un peu plus de libertés. De l’intérêt de regarder avec ouverture ce qui se passe ailleurs!

  3. Je suis surprise qu’il y ait quelqu’un qui puisse vanter l’éducation à la française. Il me semble que le monde entier est à la dérive… Après avoir observé au Canada et ici (au Brésil) beaucoup de parents qui ne savent ni gronder ni punir leurs enfants, puis se sentent dépassés (et épuisés) quand ils sont hors contrôle en public… Ils s’émerveillent que mes fils soient « sages » et m’obéissent, pour ensuite se choquer quand on leur expliquent qu’une bonne éducation se fait à la maison et c’est aussi corriger l’enfant quand c’est nécessaire ! Mon mari et moi avons dû apprendre à modérer notre discours car on passe parfois, j’en suis sûre, pour des parents sévères (voire — j’en ai peur — abusifs !!!).

    • Ces bouquins pondus par des journalistes supposés savants sont souvent dans la caricature. Réflexion? Ou coup médiatique? L’auteure avait visiblement besoin d’éduquer ses enfants!!!

      • … peut-être n’en a-t-elle même pas ! (ou alors a un/e enfant unique qui lui donne tous les « droits » de se croire savante…) 🙂

  4. Je ne serais pas aussi systématique, sans doute parce que je vis dans un milieu très mélangé! Ce qui est certain, c’est qu’un enfant a besoin d’amour et de repères, ensuite à chacun de doser suivant son milieu.
    Je me rends compte que bosser en système américain m’a rendue plus « cool » avec mes élèves, sans doute plus patiente avec mon fils. Mais peut être est-ce aussi Montessori ou l’âge ???

    Je ne suis pas la working girl qu’était ma mère, ni une working girl à la libanaise. Les jeunes mères d’ici se sentent supérieures à leurs mères qui restaient à la maison et considèrent l’éducation comme une chose secondaire à confier à une jeune bonne philippine, sri-lankaise ou éthiopienne. Une catastrophe en puissance ! Elles me prennent un peu pour une extra-terrestre.

    Par contre monde oriental oblige : peu de problème de confiance en soi. « Tu es le plus beau, mon fils…tu es la plus belle fille 

    • Tout promet d’en faire un enfant très ouvert! Oui les parents américains font gagner en patience! Et c’est certain abandonner l’éducation de ses propres enfants de tout temps a été un désastre! En revanche j’adore ce refrain oriental tu es beau mon fils, il y a une gaité d’être parent dedans dont je ne me lasse pas!

  5. la confiance en soi….
    ce que nous développons… une autre façon de faire, d’apprendre, une autre vision de l’école, de l’apprentissage…
    quand je dis que « ne pas faire les devoirs une fois, ce n’est pas grave », je préfère que mes enfants aillent dormir plutôt que se coucher tard les devoirs faits, je fais figure de « parent inconscient » !
    mais bon, ça paye…. Grand Ange a trouvé un peu de confiance en lui…

  6. Je viens de finir le livre de Pamela Druckerman et j’avoue que ce qu’elle dit est loin d’etre faux. Je pense qu’il faut d’une lire tout le livre pour avoir une vraie idee et surtout prendre un peu de recul. Elle dit bien que les enfants francais ont bcp de libertés mais a l’interieur d’un certain cadre. En lisant son livre j’ai retrouve enormement de principes qui m’ont ete inculques lorsque je grandissais. Et point important… son livre n’aurait aucun intérêt ici…;-) Les enfants sont d’un calme et d’une politesse rarement vu ailleurs tout en ayant une certaine liberté. Tu te demandais comment moins crier apres tes enfants… viens en Australie.

    • Comme je l’ai dit dans mon billet je n’ai pas lu le livre. Je n’ai pas grandi non plus avec seulement des préceptes français mais également italiens, ma maman est de Rome. Je n’aime pas les caricatures, les livres qui s’extasient sans prendre de recul et surtout l’anti-américanisme facile de la presse française. En tant qu’enseignante en France et en tant que maman en France, je peux dire que j’ai vu beaucoup de parents arriver en disant: alors, qu’est ce qui ne va pas dans les notes de mon fils? Toujours par la négative les Français, même Maman l’avait remarqué. A choisir je préfère l’éducation française mais je trouve qu’il y a des choses essentielles dans les méthodes américaines. Et j’ai moi-même été enfant dans ce gente d’école. Et cette confiance en soi que j’y ai gagné est le peu qui m’a porté toute ma vie!

    • En revanche sur le principe des libertés dans un cadre oui c’est la base. Je l’ai constaté intuitivement avec mes enfants! En revanche si les petits Américains n’ont pas cela, c’est pour des raisons moins éducatives que sociales (il me semble à ce jour!): un à deux enfants par famille et des parents entièrement dévoués à leur service. Ce que je souligne aussi dans mon billet comme une corvée!!!!

  7. Ce point de vue est interessant mais….je ne suis pas d’accord. Je vis dans dans une société anglo saxonne (royaume uni) et je pense que de la tendresse il y a en a autant en France qu’ici. Et poser des règles aux enfants n’est pas synonyme de manque de tendresse, d’amour et d’épanouissement pour un enfant, au contraire. En revanche ce qui est très vrai c’est que l’école en france est très castratrice et dure, on « casse » les enfants pour les mettre dans un moule, et tant pis pour leur confiance en soi. Dans un monde idéal, j’aurai l’éducation à la française et l’instruction à l’anglo saxonne…..

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