a bad week

Mauvaise semaine. Vraiment.

#Point 1:

Cela a commencé lundi avec un coup de fil de l’infirmière, votre fille a des poux, merci de venir la chercher immédiatement ainsi que ses frères qui doivent être certainement contaminés. On vient sous une pluie battante, comme un immigré pouilleux chercher ses enfants bannis de la société pour trois bêtes. Dans l’absolu j’ai rien contre, c’est bon et motivant de voir enfin un école s’en soucier vraiment. Chaque famille est tenue de traiter ses gamins et l’infirmère inspecte, c’est un problème de santé qui concerne tout le monde, cela me va plutôt bien.

Le procédé est trop franc du collier à mon goût. Mais bon. On va s’y faire. J’ai vu des parents se faire convoquer séance tenante, parce que le pantalon de leur fille était un peu trop mouillé et qu’elle risquait de prendre froid. L’infirmière ne lui a même pas frotté la tête et servi une tisane pour la réchauffer.

#Point 2:

Puis j’ai eu numéro six malade, vomi sur la moquette crème, colique toutes les 10 minutes entre deux et quatre (dans la nuit).

La maison est particulièrement impeccable et on peut y manger un steack par terre. Les draps sont impeccables, les placards étincellent, les paniers de sale vide. On se reflète dans le parquet. Au bout de la rue Bree c’est moi.

#Point 3:

Enfin hier. Forcément après une nuit passée à veiller numéro six.

J’avais rendez-vous avec la maitresse de numéro quatre ex aequo (la jumelle), pour faire le point. Tout va bien. Le plus important c’est qu’elle a des copines et qu’elle est docile. oui vraiment pour ce pays c’est ce qu’il y a de plus important. Le reste qui m’importe aussi n’importe pas. Peu de pistes pour améliorer son anglais, j’explique à la maitresse comment je travaille à la maison et cela l’impressionne beaucoup. En sortant, je me dis que je suis une bonne mère et que je me débrouille vachement bien avec mes sept.

Je croise la maitresse de numéro 3. Celui avec qui on a fait le petit exposé ci-dessous. Celui qui se débrouille si bien en mathématiques. Evidemment cela n’a ici aucune importance. Ce qui est dramatique aujourd’hui c’est qu’il a donné un coup de pied à son ami dans la cour de récréation. Et qu’il ne l’a pas dit à sa maitresse. Et que deux semaines plutot il avait envoyé un petit sachet en plastique sur l’oeil d’une petite fille. Convocation devant le directeur. Une table ovale et je suis au bout comme dans un tribunal, les deux spécialistes du système américain dissertent sur la non-violence de leur école, la douceur de vivre des Etats du Sud, l’extrême sauvagerie des écoles en Europe. J’ai vécu ce moment avec intensité. C’est dans ce pays qu’il y a de plus de tueries dans les écoles, qu’on s’offusque le plus du moindre coup de pied.

J’ai pleuré dans ma voiture chérie, des larmes chaudes de fatigue, de honte, de galère. Je me suis sentie humiliée. En France, mes enfants étaient les premiers de la classe et étaient invités partout tant on disait qu’ils étaient bien élevés. Ici je suis rien. Rien qu’une mauvaise mère dont les garçons sont trop différents. Et cela me fait une impression étrange que je n’arrive pas à digérer. Que je ne sais pas digérer.

Le système américain n’est pas fondé sur la compétence, mais sur la capacité de chacun à se forger un caractère. Sur le papier et dans son principe. Mais il n’est pas aussi libre qu’on le dit. Le directeur était offusqué de toutes les bêtises que les élèves pouvaient inventer en Europe. La maitresse était choquée que numéro trois fasse les oreilles d’âne à ses voisins.

Il est des Américains qui se réjouissent de la différence et qui rient de nos espiègleries. Nous avons eu la chance de rencontrer des gens très cultivés et qui acceptent l’autre, l’étranger,le différent pour ce qu’il est: une joie.

Mais je suis très partagée. Je veux que mes enfants s’intègrent, qu’ils profitent de cette expérience pour se donner une confiance en soi, mais je ne veux pas que le comportement occulte l’apprentissage, que mes enfants deviennent des moutons. Non je ne veux pas leur transmettre cela.

Alors je ne sais pas.

 

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16 réponses à “a bad week

  1. a bad week…
    portiques électroniques (dans certaines écoles) à l’entrée mais pas de coup de pied, on ne sait jamais ! ici, je trouve que cela s’est compliqué, mais pas à ce point !
    peut-être qu’avec un peu de ritaline, cela les calmerait et les rendrait dociles…
    ce n’est pas apprendre connaître, mais savoir se tenir calme !
    système scolaire étrange, à l’opposé du nôtre où les connaissances sont valorisées (trop parfois) et qu’importe le comportement, pourvu qu’on est le flacon/la connaissance !!!
    (ex. vécu : un garçon intelligent mais comment dire… snob/insupportable au comportement qui aurait valu un avertissement voire une exclusion mais qu’on laisse tranquille… car intelligent).

  2. C’est clair que la semaine était plutôt épuisante pour toi.
    Pour les enfants, ils ont souvent plus de ressources qu’on ne croit. C’est toi qui devras supporter la différence encore plus qu’eux. J’ai enseigné en systèmes libanais et américain au Liban pour finalement retourner dans un établissement français. J’avais le sentiment d’être embauchée seulement pour mon « exotisme », « ma french touch » pas du tout pour mon savoir-faire.
    Je n’en garde pas un mauvais souvenir. Cela remet aussi notre système français à sa place. Ce n’est pas notre système qui est malade, c’est notre société.

    Courage, Diane, sursum corda.

  3. Cela me fait de la peine de te savoir désorientée. …Ce doit être très dur. Pour toi et pour les enfants. Je suis persuadée que ça finira par aller….Je te souhaite beaucoup de courage.

  4. 1er com ici, ma belle-soeur est elle aussi aux US, et le moins qu’on puisse dire, c’est que le sytème éducatif est très différent ! Elle a eu aussi beaucoup de mal à s’y faire au début, d’autant qu’il n ‘y avait pas vraiment de lieu où rencontrer d’autres mamans, tout le monde faisant toutes les conduites en voiture. Personne sur les trottoirs devant l’école, faute de trottoir…Des parents à genoux devant leur « projet » enfant. Au bout d’un 1 ans, c’est mieux, mais les différences culturelles sont beaucoup plus importantes qu’on ne pourrait le penser.

  5. Choc des cultures…. Apres le vernis, on voit enfin le bois, et cela peut decevoir…. Mais n’oublie pas que tu ne juges qu’a partir de tes propres valeurs et de ton experience! Il te faudra faire la part des choses, prendre le bon et ne pas trop faire attention au mauvais…. Je fais pareil avec le systeme francais (dans lequel j’ai choisi de mettre mes enfants tout compte faits, avec beaucoup de questionnement, de remise en question aussi…) et je regrette parfois mon choix. Mais peu importe, ils deviendront de chouettes adultes tes enfants j’en suis sure!

  6. Lorsque nous sommes partis il y a 12 ans pour les USA (cote est) je partais confiante. On a des McDo et des films en VO à gogo, nous ne sommes pas si différents.
    Que nenni ! C’est un choc culturel que j’ai découvert, au niveau de l’éducaton des enfants, de la façon de vivre, de l’argent présent absolument partout, du rythme de vie (je ne me suis jamais faite au diner à 18h) et je ne parle pas de l’alimentation (le snack de 15h = pizza en pré school alors que je me cassais la tête à faire des lunchs box équilibrées !!!)
    Lorsque j’ai eu des pb à l’école sur des choses que je ne trouvais pas fondée, j’en ai discuté ouvertement avec eux mettant en avant mon incompréhension et mon expérience française. Parfois ça a fonctionné. Parfois j’ai rusé sur leurs règles idiotes dictées par la peur d’un éventuel procès. parce qu’il ne faut pas rêver, quand un élève est montré du doigt car il tape/mord/griffe …. c’est parceque peut être, la famille de l’enfant « attaqué » pourrait porter plainte/ne plus donner de « found » à l’école.
    Tes enfants ne sont pas des monstres, les poux ne sont pas arrivés tout seul sur la tête de tes chérubins , TU ES UNE BONNE MERE. Mais seule, dans un environnement inconnu, on est plus faible. J’espère que tu vas vite trouver des amis. J’aurais encore 10000 choses à te raconter sur notre séjour (où nous n’avions aps le statut d’expat mais ça c’est encore une autre histoire) et je suis disponible quand tu veux si tu désires partager notre expérience. Moi aussi j’ai pleuré les 6 premiers mois …….seule et désespérée. 12 ans plus tard après un séjour de 2ans et demi je ne retiends plus que les bons souvenirs et la force de ce que ça m’a apporté ………et le fait que « definitly I’m a Parisian  » ;-)))

  7. Ne t’inquiète pas, on s’habitue vite d’être l’immigrée… J’ai eu au moins la chance au début de ne rien comprendre aux remarques désobligeantes que l’on faisait sur ma manière d’éduquer mes enfants 🙂

  8. Bon courage à toi, je m’unis à ton désarroi, chez nous ce fut « bad week end ».
    Si tu as ça chez toi : un bon saucisson, accompagné de « fromage qui pue » et d’un peu de vin rouge et ça ira mieux !!!!!

  9. cela me peine et je suis avec toi de tout coeur.
    dis-toi que c’est le propre de ce pays, ses trop grandes limites, cette capacité à donner tout le temps des leçons.
    nous partons y vivre après la nouvelle-zélande d’ici 6 mois.
    je ne sais que trop à quoi m’attendre.
    ne t’inquiètes pas : tu es une mère formi-diable! baisers

  10. wouah a very bad week! et moi qui tarde à t’envoyer un peu de soleil provençal! je suis nulle nulle et nulle. bon courage, et pleures tant que tu veux, c à ça qu’on reconnait les vrais Hommes!

  11. je n’avais pas lu ce post………. et je suis profondément peinée. Nous sentons dans tes mots tellement ton désarroi. Je prie…tout simplement pour que tes petits « toi » se sentent bien, se sentent acceptés et pour que ton « toi » ne soit plus chagriné. Courage….

  12. Bonjour … I hope you don’t mind me replying in English … I’m Australian (and I do speak and write French fluently … ) firstly, I have no doubt that you are a wonderful mother … and secondly I think I may know you … but we can figure that out off-line … and I’m struggling with the opposite problems to you … where it is perfectly alright for school teachers to be vicious and horrible in the French School system … shouting every day if they want to, and using expressions and insults that undermine the confidence of children … (this is unthinkable in most American and Australian schools) … and yet there are excellent elements in both systems, and I finally realised that our children really will benefit from the opportunity to experience both approaches … they will truly be ‘well rounded’ global citizens … but the adjustment is not easy, especially not for their mothers … !! Take care, all will be well.

    • Thanks Lynette to share your experience. I am so glad you feel enough comfortable in this blog to give a different sight! It is true to say that the French system is terrible. it is all about authority and skills. The teachers are not very helped and supported from the State and from the parents. All the more they are chosen more for their diplomas in their subject then for their ability to teach; And as a teacher I have had hard time with my colleagues too!
      Even more I think it is harder for an Australian or for an American to get used to the French system then for our kids to get used to the American school. My very sensitive kids are really enjoying the confidence in themselves as with the adults growing as long as the time here goes by. We are blessed to have known a country where the educational staff is smiling!

  13. C’est sûr que lorsque l’on n’est pas dans son pays d’origine on doit se sentir un poil sensible et pas au fait des coutumes locales.
    Et puis moi aussi j’ai pleuré pendant 10 minutes sur les 15 pendant l’entretien que j’ai eu avec la prof de maths de ma fille (prof principale). Juste avant les vacances d ela Toussaint il s’est avéré que ma fille, en 2nde, ne travaillait pas beaucoup mais discutait beaucoup (certes, ses résultats étaient satisfaisants sauf en maths, mais bien évidemment, elle avait la parlotte facile). J’ai donc demandé un rendez-vous avec la prof principale et quand je me suis retrouvée face à elle, elle m’a dit que TOUS les profs s’étaient accordés pour dire que mon ouaille ne travaillait pas beaucoup ou pas assez et discutait trop et elle a rajouté qu’elle était allée dire à une fille de 16 ans, de ne pas se laisser influencer par la mienne -qui n’en a que 14-, j’ai cru un court instant avoir engendré une punaise influente manipulatrice dangereuse pour la société.

  14. aie!!! difficile de s’adapter quand les cultures sont différentes!! si je me souviens bien tu n’as aucun reproche à te faire sur l’éducation de tes enfants!! courage ma chère Diane!!

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